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View Full Version : Rwanda : internet : vérifier pour ne pas se faire escroquer


poirot
1 June 2009, 00:48
Source de l'article (http://syfia-grands-lacs.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=1426)

Rwanda : internet : vérifier pour ne pas se faire escroquer

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Les offres mirifiques pleuvent dans les messageries des Rwandais qui se laissent facilement piéger jusqu'à envoyer de l'argent, ce que visent les escrocs. Pourtant, il suffit parfois d'une simple vérification pour éviter de se faire avoir.
Bourses d’études, gagnants d'une loterie, aides caritatives, emplois à l'étranger… les offres mirifiques sont multiples sur Internet… Elles attirent de nombreux Rwandais qui, espérant gagner gros, dépensent des fortunes ! Car, le plus souvent, il faut commencer par payer pour obtenir les papiers ou les sommes promises. Dès lors, on peut être sûr d'avoir à faire à une escroquerie.
Étudiant finaliste en gestion à l’Université nationale du Rwanda, J. N. voit tomber, en janvier, dans sa boîte de réception, une proposition de bourse d’études de l’Université de Québec. Il remplit vite le formulaire de demande. "Je sentais dans mon cœur que mon inscription avait été accordée et je me préparais psychologiquement à ma maîtrise au Québec", affirme-t-il. Après deux semaines d’échanges réguliers, son dossier est, selon les soi-disant responsables de l’université, parmi ceux qui sont acceptés. "Ils m’ont demandé 250 $ d'inscription et je n’avais pas même 1 $. J’ai demandé qu’ils les payent pour moi et que je les rembourse à mon arrivée. Jusqu'à maintenant, je n’ai eu aucun autre contact avec eux", constate-t-il.

Même de l'aide humanitaire
Ces escrocs ne s’en prennent pas seulement aux étudiants. Ils n'hésitent pas à contacter des autorités. En 2008, l’ancien maire du district de Rusizi à l’Ouest, un des districts qui avait été fortement secoué par le séisme, a été en contact avec des "bienfaiteurs" étrangers qui disaient vouloir venir en aide aux sinistrés. Mais, hélas, disaient-ils, ils devaient, pour dédouaner des aides apportées, payer 4 millions de Frw (plus de 8 000 $). Après avoir envoyé l’argent, le malheureux maire n'a plus jamais eu de nouvelles des "bienfaiteurs"… et il a été renvoyé de son poste. "Comment comprendre qu’un homme responsable envoie les frais de dédouanement à l’étranger alors que le dédouanement doit se faire dans son pays", fait remarquer un commerçant qui fait la navette entre Kigali et Dubaï.
Dès le début des relations, ceux qui envoient ces mails essaient de créer une relation de confiance très forte dans laquelle les gens se laissent facilement piéger. Fréquentant rarement les cyber, Mukeshimana J., sans travail depuis sept ans, trouve dans sa boîte, un message d’un Blanc vivant en Côte d’Ivoire à qui ses parents avaient laissé avant de mourir 50 000 $ à donner à qui il voudra. "Nous avons utilisé moi et mon grand frère plus de 150 $ en téléphone en parlant avec le soi-disant héritier". Mais il fallait un compte en dollars dans une des banques de renommée du Rwanda pour transférer cet argent. Pour ouvrir ce compte, au moins 1 000 $ étaient nécessaires, ce qu'elle n'avait pas. Depuis, elle a perdu toutes les traces de son "sauveur" qui voulait surtout récupérer l'argent qu'elle aurait mis sur le compte.

Vérifier avant de payer
Certains, cependant, deviennent, à juste titre, méfiants lorsqu'on leur demande de payer. Marcel Gasigwa, de Muhanga, affirme avoir reçu un message de la Bridge Bank de Côte d’Ivoire qui lui annonçait avoir gagné 72 000 $ dans une loterie. "J’ai dû chercher l’adresse du vrai manager de la banque sur Internet qui m’a répondu : 'Nous n’avons fait aucune loterie. Ces gens ne sont pas nos agents, vous êtes en face d'escrocs'."
J. T. P. a lui aussi compris in extremis qu'il se fourvoyait. Attiré par l'Europe et l'Amérique, il pensait avoir été engagé comme chauffeur dans un hôtel au Canada après avoir rempli une demande d’emploi internationale. Courageux, il a cherché le passeport, les attestations médicales, des certificats de vaccination… Mais tandis qu’il se préparait au départ, le directeur de l'hôtel lui a demandé de payer 300 $ pour finaliser le dossier, argent qui devait transiter par le Sénégal. Surpris et sceptique, il a interrogé l’ambassade du Canada à Kigali qui lui a dit que les procédures d’obtention d’un visa d’entrée au Canada ne nécessitent jamais d’argent de traitement du dossier. "On dirait qu’il y a un ange qui m’a soufflé cette prudence, sinon j’étais prêt à verser des sous dans les poches des escrocs", se félicite-t-il. Comme pour les autres, dès qu’il a refusé de payer, la connexion a été interrompue.
Mais certains de ces internautes ne vous lâchent pas facilement et insistent pour vous convaincre. Et plus on répond à leurs mails, plus on en reçoit. Rutayisire, de Muhanga, affirme en recevoir presque chaque jour. "Je leur demande toujours d'arrêter d'envoyer leurs messages, mais ils ne lâchent jamais", constate-t-il en conseillant de ne pas y répondre pour ne pas s’embrouiller.

Source de l'article (http://syfia-grands-lacs.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=1426)